L’image de Dieu comme fondement des Droits de l’Homme : Une perspective théologique et éthique with hassan Jacob
Les conflits entre les droits
de Dieu et les droits de l’homme sont en augmentation. D’une part, il y a
des droits qui sont qualifiés de droits de l’homme dans les conventions
internationales les plus importantes et dans de nombreuses constitutions
nationales. Ces droits doivent être respectés à tout moment et en tous lieux.
D’autre part, il y a des droits, les droits de Dieu, qui sont directement ou
indirectement attribués à la volonté divine. Leur respect est considéré comme
une obligation religieuse suivie même quand cela implique la violation des
droits de l’homme.
En effet, après plus de cinquante ans après la
proclamation et la ratification de la Déclaration universelle des droits de
l’homme par l’ONU, la violation de ces droits est finalement beaucoup plus
universelle que leur reconnaissance. Pourtant ces droits de l’homme ont permis
de rendre plus exigeante la quête de justice et le devoir de la réaliser à
l’égard de tous. Mais la question de leur fondement continue à se poser. Les
uns, les conçoivent dans le cadre d’un rationalisme et humanisme laïc qui ne
connaît pas d’autre fondement que l’auto compréhension d’une humanité autonome.
Les autres pensent la véritable autorité des droits de l’homme à partir d’une
transcendance.
Bibliquement,
l'idée que les êtres humains sont faits à l'image de Dieu (latin imago Dei )
fonde les droits de l’homme. L'idée apparaît pour la première fois dans
la Bible dans Genèse 1, un magnifique traité poétique et cosmologique où Dieu
est montré en train de créer un monde magnifique avec l'humanité, masculine et
féminine, créé à sa propre «image» et «ressemblance» (termes parallèles)
investie dans une place d'honneur et de responsabilité dans la création pour
régner sur les animaux et prendre soin de la terre. L’on doit comprendre
que tous les êtres humains sont créés à l'image de Dieu, plutôt que seulement
un souverain ou un roi. Eût égard, le concept de droits de l'homme c’est les
relations démocratiques lorsque les humains gouvernent les autres, la
coopération et la communion avec les autres humains, la coopération avec
l'environnement et la responsabilité des générations futures d'humains créées à
l'image de Dieu.
Le récent
article de l'historien Robert Kagan «Backing Into World War III» identifie deux
tendances qui pourraient conduire à la prochaine guerre mondiale: 1) la «perte
de volonté» dans les démocraties occidentales de s'engager dans les affaires
mondiales en raison de la désillusion des zones de guerres et 2)
la montée en puissance de puissances «révisionnistes», la Russie et la Chine qui
souhaitent refaire le système international pour leur gain politique et
économique. Cette guerre peut être effective quand l’image de Dieu sera encore
bafouée par la démocratie luciférienne.
Les
théologiens ont identifié plusieurs aspects différents de la nature de Dieu qui
se reflètent dans l'homme, y compris sa capacité à créer, à raisonner et à être
en relation. La déclaration de Dieu montre clairement que l'homme ne ressemble
à aucun autre être créé. Seuls les hommes et les femmes portent le sceau
du divin sur eux. Parce que les humains portent l'image de Dieu, chacun de
nous a une dignité inhérente. Et ceux qui suivent Dieu ont le devoir moral
de protéger leurs prochains porteurs d'image qui transcendent les lois de
l'État.
David Van
Drunen, professeur de théologie systématique et d'éthique chrétienne au
Westminster Seminary, a souligné un autre impératif de l' imago Dei : la nature
judiciaire de Dieu . Il
souligne une partie de l'alliance noahique dans laquelle Dieu ordonne aux
Israélites d'exercer une fonction judiciaire: «Quiconque verse le sang de
l'homme, par l'homme, son sang sera versé, car Dieu a fait l'homme à son image»
(Genèse 9: 6). La raison de punir le meurtre est explicitement liée à la
nature porteuse d'image de celui dont le sang est versé. Encore une fois,
le porteur d'image est unique. L'accent mis par Dieu sur la relation entre
celui qui porte son empreinte et le besoin de justice ne pouvait pas être plus
clair. Van Drunen souligne également que la punition du mal est pleinement
compatible avec une théologie chrétienne de l'expiation, car elle indique la
croix du Christ comme la façon dont Dieu sauve les pécheurs du jugement. »
Image de Dieu comme fondement biblique des Droits de l’homme.
Si Genèse 1 affirme sans ambages que l’humain est créé à l’image de Dieu, il reste toutefois avare de détails sur l’interprétation d’une telle déclaration: Dieu dit: «Faisons l’humain à notre image, selon notre ressemblance, pour qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur toutes les bestioles qui fourmillent sur la terre.» Dieu créa l’humain à son image; il le créa à l’image de Dieu; Il les créa homme et femme. Dieu les bénit et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre (Gn 1,26- 28). Genèse 5,1-3 rapporte qu’Adam engendra un fils à sa ressemblance, selon son image. Selon Genèse 9,6, l’image établirait l’inviolabilité de la vie humaine. Le Psaume 8 précise que l’humain a été créé de peu inférieur à Dieu qui l’a couronné de gloire et de magnificence, lui octroyant la domination sur le reste de la création. Malgré les débats parmi les exégètes sur des détails au niveau de l’interprétation des textes, les spécialistes conviennent des points suivants jugés importants: Les mots image (selem) et ressemblance (demut) sont essentiellement des synonymes. Ils indiquent que les êtres humains ressemblent à Dieu sans préciser la nature de cette ressemblance. Les prépositions en lien avec les termes image et ressemblance sont interchangeables. La plupart des exégètes les traduisent par «en», «d’après»; certains préfèrent les traduire par «comme», argumentant que les êtres humains sont créés comme image de Dieu plutôt que selon l’image de Dieu ou d’après l’image de Dieu. Tous les êtres humains, femme ou homme, portent l’image de Dieu.
Le Nouveau Testament mentionne aussi l’imago dei. Le second Adam serait lui-même la véritable image de Dieu. L’auteur de l’épître aux Hébreux (1,3) précise que Jésus, le Christ, est l’empreinte de la personne divine. Paul l’appelle l’image du Dieu invisible. En Jn 14,9 et 12,45, Jésus déclare: «Quiconque m’a vu a vu le Père». Pour ce qui relève du Nouveau Testament: Christ est l’image de Dieu. Les humains participent pleinement à l’image de Dieu dans la mesure où leur vie se conforme à Christ. L’image de Dieu est une réalité dynamique et communautaire enracinée dans la rédemption.
Ainsi
en présentant l’homme comme image de Dieu, l’Ancien Testament et le Nouveau
Testament inculquent le respect auquel tout homme a droit en lui-même, quelle
que soit sa naissance.» Une fois affirmée, cette dignité ne donne cependant pas
le droit à l’homme de faire n’importe quoi: elle implique des devoirs et le
sens de la modération.
Certes
l’image de Dieu a été altérée par le péché. Genèse 4 nous relate par exemple l’histoire
d’Abel qui fut tué par son propre frère Caïn. Mais est ce que la prolifération
du mal signifie-t-elle que l’homme a perdu sa dignité d’image? Non, car lorsque
Noé sort de l’arche, Dieu lui donne le code fondamental suivant: “Qui verse le
sang de l’homme verra son sang versé. Car à l’image de Dieu, Dieu a fait l’homme.”
(Gn 9,6). Quelle que soit sa situation, l’homme reste donc créé à l’image de
Dieu.»
Dire
que l’homme est créé à l’image de Dieu signifie qu’il est créé à la fois dans
la sainteté, la justice et la vérité a souligné Paul Wells.
L' imago Dei et le respect de tous
La Bible suggère deux applications principales de
l' imago Dei à la question des droits de l'homme. Tout
d'abord, il fonde notre évaluation et notre respect pour toutes les
personnes humaines. Non seulement toutes les personnes (hommes et femmes) sont
faites à l'image de Dieu (Genèse 1), mais Genèse 10 dépeint toutes les nations,
avec leur diversité linguistique et culturelle, comme dérivant de la même
famille humaine. L' imago Dei étant antérieure à
toute division ethnique, raciale ou nationale, toutes les formes
d'ethnocentrisme, de racisme ou de supériorité nationale sont remises en
question. Nous pourrions exprimer cela comme le droit de tous à être
traités équitablement. Trop d’êtres humains sont encore victimes de
l’arbitraire, du tribalisme, des injustices, du racisme, de l’intolérance politique et même religieuse. L’image
de Dieu ne cesse d’être foulée aux pieds, dans un monde désacralisé, où le
droit du plus fort est la règle quotidienne. La
force prime le droit. La Bible a donc encore beaucoup à nous enseigner. Faisons
en sorte qu’ils n’en restent pas à de simples déclarations d’intention. Car il est Ecrit: "
Les droits de l’homme dans la vision chrétienne et dans la
vie de la société
Les droits de l’homme ne doivent pas être en contradiction avec l’amour que nous portons à la patrie et au prochain. Le Créateur a introduit dans la nature humaine le besoin de communiquer avec les autres, de faire corps avec eux. Il a dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Gn 2, 18). L’amour de la famille, des proches, englobe le peuple et le pays qui sont les nôtres. La tradition orthodoxe met en corrélation l’amour de son pays avec les paroles du Sauveur : « Nul n’a plus grand amour que celui-ci : déposer sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13).
La reconnaissance des droits de l’individu doit être équilibrée par l’affirmation de la responsabilité des uns envers les autres. Les extrêmes que sont l’individualisme et le collectivisme ne peuvent contribuer à l’harmonie sociale, ils entraînent la dégradation de la personne, le nihilisme moral et juridique, la croissance de la criminalité, la perte du civisme, l’aliénation. L’expérience spirituelle de l’Église montre que les tensions entre les intérêts de l’individu et ceux de la société ne peuvent être surmontées que lorsque les droits et les libertés de la personne sont mis en conformité avec les valeurs morales. L’essentiel est que l’existence de l’homme et celle de la société soient vivifiées par l’amour.
C’est l’amour
qui permet de surmonter toute contradiction entre la personne et ceux qui
l’entourent, l’amour permet à chacun de pleinement réaliser sa liberté tout en
prenant soin de son prochain et de son pays. Ce qui est entrepris en vue de
mieux respecter les droits de l’homme, de parfaire les rapports sociaux et
économiques et les institutions, n’aboutira pas vraiment si l’on passe outre
les traditions spirituelles et culturelles des pays et des peuples. Il est
inacceptable que certaines civilisations imposent à d’autres leur mode de vie
sous prétexte de respect les droits de l’homme. La défense des droits ne doit
pas être mise au service des intérêts politiques de tel ou tel pays. Le combat
pour les droits de l’homme ne peut être fructueux que s’il sert le bien
spirituel et matériel de la personne et de la société.
Pour
conclure, Dieu a conféré à
chaque être humain la dignité et la liberté. Cependant, la liberté utilisée à
mauvais escient conduit inévitablement à l’aliénation de la dignité inhérente à
l’homme et à l’humiliation de la dignité des autres. La société doit élaborer
des modes de fonctionnement qui rétablissent l’harmonie entre dignité et
liberté. La doctrine des droits de l’homme et l’éthique doivent contribuer dans
la vie publique à la mise en œuvre de cet objectif.
Ces deux notions
sont liées entre elles par le fait que la morale, c’est-а-dire notre perception
du péché et de la vertu, précède immuablement la loi qui est par la suite
élaborée sur la base de ces catégories. L’érosion de la morale conduit donc
d’une manière inévitable à l’affaiblissement de la loi. Notre perception des
droits de l’homme a énormément évolué dans le temps. Cette seule raison suffit
а ne pas accepter d’en faire un absolu pour le présent. Il est indispensable de
définir d’une manière claire les valeurs chrétiennes avec lesquelles les droits
de l’homme peuvent et doivent être mis en conformité.
Pour tout dire, l'image de Dieu reste le fondement des droits de l'homme. A travers l'image de Dieu, découle la justice,la vérité, la morale et l'éthique de la société. Le respect des lois, des droits de l'homme et des mœurs sont le résultat et l’application des droits de Dieu :l'image de Dieu (C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés, Jean 15:12).
''Dire que l’homme est créé à l’image de Dieu signifie qu’il est créé à la fois dans la sainteté, la justice et la vérité''
Bibliography
Jürgen Moltmann, Théologie et droits de
l'homme (Revue des Sciences Religieuses, Année 1978 52-3-4 pp. 299-314)
accessed July 10, 2020 https://www.persee.fr/doc/rscir_0035-2217_1978_num_52_3_2836
Jeremy Waldron, The image of God: rights, reason, and order , Edited by John Witte, Jr, Emory University, Atlanta, Frank S. Alexander, Emory University, Atlanta
(Cambridge University Press, 2012)
Roger Usto, Human Rights and the Image of God, The Journal of Theological Studies , volume 57, numéro 2, octobre 2006, pages 795–799, https://doi.org/10.1093/jts/fll005
Charles Villa-Vicencio,“Christianity and human rights”, Journal of Law and Religion, Vol. 14, No. 2. (1999-2000), pp. 579-600. See also R.H.C.Davis, A History ofMedieval Europe(Longman, 1976) and Brian Tierney, The Crisis of Church and State: 1050-1300(Prentice Hall, 1964).
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Paul Marshal, “Two Types of Rights”, Canadian Journal of Political Science/Revue canadienne de science politique, Vol. 25, No. 4. (Dec. 1992), pp. 661-676. So it seems that it is also an exaggeration to claim that the idea of human rights has its
Brian Tierney, “Religion and Rights: a
MedievalPerspective”, Journal of Law and Religion, Vol. 5, No.1 (1987), pp.
163-175 and Nicholas
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A THEOLOGICAL EVALUATION OF HISTORICAL HIGH CRITICISM with hassan Jacob https://christianworldpress-indian.blogspot.com/2020/06/evaluation-of-historical-criticism.html
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