Égalité Femme-Homme/Genre: Enjeux théologiques et éthiques @with H. Jacob and Sia Lee


Égalité Femme-Homme

Le débat sur l’égalité de sexe est devenu aujourd’hui un sujet au cœur des valeurs chrétiennes, éthiques et démocratiques et gagne de plus en plus le monde entier en audience et en visibilité. D’abord promu par des théologiens féministes, il part d’une conception faussée de l’égalité entre les sexes et d’une volonté de « libérer » l’individu de tout cadre normatif donné par la nature, la tradition, la révélation et Dieu lui-même[1]. De manière générale, ce courant de pensée cherche à faire progresser et à comprendre l'égalité des hommes et des femmes moralement, socialement, fonctionnellement, ontologiquement, spirituellement et en matière de leadership dans une perspective démocratique.[2] En d'autres termes, les femmes sont totalement également aux hommes quant à leur statut devant Dieu, dans la société et à leur importante dans la famille et l'église.

Appelée aussi la théorie du genre ou égalitarisme, l’idée de l’égalité des sexes apparait pour la première fois dans les années 1990 aux États-Unis. La réinterprétation féministe des traditions monothéistes fut l’objet d’étude de ce mouvement. La notion de Dieu comme ayant un sexe masculin par exemple fut rejetée dans le but de s'opposer au machisme et au patriarcalisme masculin (Dieu n'est pas mentionné en utilisant des pronoms masculins défendait les féministes).

Ce mouvement éagalitaire souligne que les femmes sont pleinement égales aux hommes dans la création et la rédemption, de même que dans les fonctions à remplir au sein de la famille et de la communauté. Elles ont été créées pour devenir des partenaires à part entière et à égalité avec les hommes, ce qui implique une soumission actuelle et des responsabilités égales à la maison. L'homme et la femme exercent la même autorité sur les enfants et aucun membre du couple ne doit chercher à dominer sur l'autre. L'Ecriture indique que les femmes ont reçu les mêmes dons que les hommes et qu'elles ont par conséquent le privilège d'être au niveau de service et de leadership. [3] 

D’une manière ou d’une autre, les partisans de cette idéologie refusent toute idée d’une identité sexuelle biologique qui serait reçue ou inscrite dans notre corps et qui nous déterminerait comme homme ou femme. Ils préfèrent utiliser le concept de genre: genre féminin ou genre masculin. Car pour eux, le genre serait le résultat du contexte culturel dans lequel on aurait grandi et peut donc être modifiable à souhait. Autrement dit, le genre en aucun cas serait lié au sexe qui est une détermination inscrite dans notre nature.

Une conséquence de cette théorie est d’expliquer l’hétérosexualité comme la conséquence d’un climat culturel qui la favoriserait. En aucune manière, elle ne serait inscrite dans la nature de l’homme et de la femme. Elle ne serait pas un élément fondateur des relations humaines mais plutôt la conséquence d’un formatage culturel qu’on nous aurait imposé depuis tout petit. Il n’y aurait pas de complémentarité naturelle entre l’homme et la femme, pas d’inclinaison naturelle vers l’autre sexe. L’homme tombe ainsi dans l’orgueil de penser qu’il ne doit rien à personne, qu’il ne dépend de rien, et surtout pas d’une loi naturelle qui l’aurait précédé. À priori, il refuse l’identité sexuelle qu’il n’a pas choisie et veut construire son genre.

Ethiquement, présenter la doctrine du genre comme une vérité scientifique est une imposture éducative et éthique. Il est vrai que toute identité se construit et que cette construction a une dimension culturelle. Mais toutefois, nous ne pensons pas que cette dimension soit primordiale pour l’identité sexuelle. Une personne est son corps. Le genre doit être construit conformément le vivre ensemble et les codes culturels du masculin et du féminin doivent être nettement différenciés.

Enjeux théologiques et éthiques

La théologie féministe n’est pas capable de rendre un monde plus égale et démocratique, car l’inégalité homme et femme de son essence fonctionnelle et divine. Ainsi la vouloir à tout prix construire nous plongerait dans des pires conséquences que l’humanité n’aurait jamais connues.

Déjà de nos jours, l’un des plus grands enjeux que l’on fait fasse est la différenciation sexuelle. La différence corporelle appelée sexe est minimisée. Autrement dit, les adeptes de cette idéologie nient la différence corporelle appelée sexe. L’individu veut se créer et se libérer lui-même. Et tout ceci ne peut que conduire à l’homosexualité, car la non différenciation sexuelle est synonyme de l’homosexualité. C’est pourquoi le phénomène de l’homosexualité dans la société de nos jours ne fait que prendre de l’ampleur, car le mariage n’est plus seulement une union entre un homme et une femme, mais aussi entre un homme et un homme, une femme et une femme. Ceci ne nous étonne pas car ces mêmes soient disant féministes sont les premiers à défendre le mariage homosexuel dans nos sociétés (Eglise+Etat).

On pourrait citer aussi la PMA (la Procréation Médicalement Assisté) qui était résevée uniquement aux couples hétérosexuels mariés légalement s'étend déja sur les couples homosexuels. Le divorce également est devenu l'un des fléaux les plus incessantes découlant de la théorie de l'égalité de genre. Sur 100 divorces aujourd'hui, 35 sont dûs à l'égalitarisme.

Autre enjeux dangereux de la théorie du genre est que, la vocation de la femme en tant que mère et épouse est considérée comme une construction sociale contraire à l’égalité, comme un « stéréotype » à déconstruire. La vocation fonctionnelle de la femme dès la création à être mère, c’est-à-dire à porter l’enfant, et l’homme à être père est rejetée. Et il faut noter qu’aujourd’hui, cet enseignement est en plein expansion dans nos différentes sociétés.

Par ailleurs, fonder la théorie de genre sur le sexe de Dieu est une idiotie théologique. Car l’idée de la maternité ou de la féminité de Dieu ne figure pas dans la Bible. Le nom de Dieu apparait toujours au masculin. Donc le fait de prier Dieu au féminin ou autre argument que ce soit ne pourrait être jamais le fondement de cette idéologie. En hébreux comme en français, le Dieu masculin l’emporte grammaticalement. En plus, la doctrine de la Trinité nous révèle Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit. Une idée de Dieu la Mère est absente. Jésus aussi disait, ''celui qui m'a vu a vu le Père''(Jn 14.9) et non la mère.

L’égalité de sexe et rôles des femmes dans la Bible

La théorie du genre s’appuie également sur les rôles des femmes dans la Bible pour défendre l’égalité des sexes. L’une de ses grands projets en cours est la consécration des femmes au saint ministère dans les milieux ecclésiastiques. Ainsi, voir les femmes pasteurs consacrées, Anciennes d’Église, évêques, Papes ou Imams dans les assemblées de Dieu est une justice envers elles. Mais est-ce que c’est la volonté de Dieu ? En réalité, il ne s’agit pas de machisme ou de discrimination, mais d'une question d'interprétation biblique.

La Parole de Dieu déclare : « Que la femme s'instruise paisiblement, dans une entière soumission. Je ne lui permets pas d'enseigner et de dominer sur l'homme, mais je lui demande de garder une attitude paisible. » (1 Timothée 2.11-12)

Dans l'Église, Dieu assigne des rôles différents aux hommes et aux femmes. Ces rôles sont une conséquence de la manière dont l'humanité a été créée et dont le péché est entré dans le monde (1 Timothée 2.13-14). Ici, Dieu, par l'intermédiaire de l'Apôtre Paul, ne permet pas aux femmes d'exercer des fonctions et / ou d'autorité spirituelle sur les hommes. Cela exclut les femmes du ministère pastoral, qui implique clairement l'autorité spirituelle sur les hommes.

Certes dans l’Ancien Testament, certaines femmes ont occupées des postes de responsabilités spirituelles. Nous pouvons citez particulièrement Miriam, Débora et Hulda. Néanmoin, il faut noter que ces femmes ont été choisies par Dieu lui-même directement pour un service particulier et qu'elles étaient des modèles de foi, de courage et, bien sûr, de leadership. Mais cette autorité des femmes dans l'Ancien Testament est sans lien avec le sujet de l'autorité pastorale dans l'Église. Les Épîtres du Nouveau testament présentent un nouveau modèle de fonctionnement pour le peuple de Dieu, l'Église, corps de Christ, avec des structures d'autorité spécifiques, qui ne s'appliquent pas à la nation d'Israël ni à aucune autre entité de l'Ancien Testament.

De nombreuses femmes excellent dans les dons d'hospitalité, de compassion, d'enseignement et d'aide puisque la Bible n'interdit pas aux femmes d'exercer les dons du Saint-Esprit (1 Corinthiens 12). Le ministère de l'église locale dépend en grande partie de ces femmes. Elles ont le droit de prier en public et de prophétiser (1 Corinthiens 11.5) : seulement, elles ne peuvent pas prendre autorité sur les hommes. Les femmes sont tout autant appelées que les hommes à exercer un ministère auprès des autres, à manifester les fruits de l'Esprit (Galates 5.22-23) et à annoncer l'Évangile aux perdus (Matthieu 28.18-20, Actes 1.8, 1 Pierre 3.15).

Dieu a établi que seulement les hommes devaient occuper des positions d'autorité spirituelle et d'enseignement au sein de l'Église. Ce n'est pas parce que les hommes sont forcément de meilleurs enseignants ou que les femmes sont inférieures ou moins intelligentes (ce qui n'est pas le cas). C'est simplement la manière dont Dieu voudrait que son Église fonctionne. Cela ne réduit en aucun cas leur importance au sein du Ministère, mais les oriente plutôt vers des ministères plus en accord avec le plan de Dieu pour elles et les dons qu'il leur a donnés.

De tout ce qui précède, l’égalité n’est plus une valeur positive quand elle signifie uniformité, conformisme, confusion, non-reconnaissance de la différence. Certes, il est compréhensible que les femmes réagissent à la violence des hommes, à leur discrimination, au machisme, à l’autoritarisme, au patriarcat… en résumé, à la domination de l’homme qui est, selon la Bible, une conséquence du péché (Gn 3 : 16). Mais est ce que prôner l’égalité de sexe est-elle la solution idoine ? A ces vrais problèmes rencontrés par les femmes, le monde a apporté une fausse vision de la femme en l’affirmant qu’elle est identique à l’homme.

L’égalité de sexe selon Dieu

Bien évidemment, nous défendons ardemment l’« égalité ontologique en dignité et en droit » qui est un principe existentiel et constitutionnel inscrit dans la Bible et dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Ce qui signifie qu’ontologiquement, hommes et femmes sont tous égaux devant Dieu. Mais par vocation fonctionnelle, ils sont inégaux. Par exemple la vocation de la femme dès la création était d’être épouse, mère et à porter l’enfant. Tandis que l’homme est l’époux et le père. Cette fonction biologique reste inchangeable et inégale. L’homme ne peut pas devenir femme et la femme ne peut pas choisir de devenir homme. La commutativité est irréversible et invariable.

Attention, déconstruire la théorie de genre ou l’égalité de sexe ne signifie pas qu’il y a des inférieurs et des supérieurs, des dominés et des dominants, des seigneurs et des subordonné(e)s! Nous avons reçu, marquée dans notre corps, une vocation différente. Si la femme est ontologiquement égale à l’homme, elle ne lui est pas semblable et identique. Refuser son identité sexuelle biologique et vouloir construire son propre genre n’est non plus aussi de la liberté.



[1] Harrison, Victoria S., "Les femmes modernes, les religions traditionnelles axées sur Abraham et l'interprétation des textes sacrés" Théologie féministe ((Janvier 2007), 15 (2): 145–159.

[2] Porterfield, Amanda, "Théologie féministe comme mouvement de revitalisation". Analyse sociologique (1987), 8(3): 234–244. doi:10.2307 / 3711520. JSTOR 3711520.

[3] Linda L. Belleville, ''Women in Ministry: An Egalitarian Perspective'' dans Two Views on Women Ministry, éd. rev., Grand Rapids, Zondervan, 2005, p. 35.


Bibliographies

Norman, Gully, R., Systematic Theology: Creation, Christ, Salvation. Andrews University Press. November 1, 2012.

Richard, M. Davidson. Flame of Yahweh: Sexuality in the Old Testament. Baker Academic, Div of Baker Publishing Group. June 2007.

Council of Europe https://rm.coe.int/090000168064f51b (Accessed August 25, 2020).

Church Partnership Program. Theology of Gender Equality: In God’s Image – Towards Full Humanity and Abundant Life https://www.anglicancommunion.org/media/251166/Theology-of-Gender-Equality-PNG-April-2016.pdf (Accessed August 28, 2020).

Alain Ledain. ‘‘Les Dangers de la Theorie du Genre’’, ‘‘Le Lien : Un Regard Chrétien sur le Monde Actuel’’ (Accessed July 23, 2020).

Paul Enns. The Moody Handbook of Theology. Moody 

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