Une Évaluation Théologique des Déclarations du Pape François sur l'Union Civile des Homosexuels
Une Évaluation Théologique des Déclarations du Pape François sur l'Union Civile des Homosexuels
NB: Cet article n'est qu'une évaluation et analyse des déclarations du Pape François sur l'Union Civile des Homosexuels. Son contenu n'est pas une défense dogmatique du Catéchisme de l'Eglise Catholique.
Le débat sur la question de
l’homosexualité dans l’Église bât son ampleur et gagne de plus en le monde entier
en audience et en visibilité. Apparut
terminologiquement vers le début du XXe siècle, il est aujourd’hui l’un des
grands sujets centriques du mouvement de la sécularisation et de la laïcisation
des nations dans le monde. De nombreux pays actuellement le dépénalisent dans
leurs constitutions au nom de la liberté, du respect de la dignité humaine et
de l’égalité. Qu’en est-on donc des institutions religieuses ou de l’Église Catholique en
particulier?
La reconnaissance de l’union civile des personnes de même sexe au sein de l’Église catholique a une longue histoire. Tout d’abord, du IVe au IVXe siècle, l'homosexualité fut formellement condamnée comme un crime contre l'ordre naturel créé par Dieu. Dans le Catéchisme de l'Église 2357-2359 par exemple, trois paragraphes l’évoquent et le qualifient « d’intrinsèquement désordonnée » selon les Écritures. Durant la réforme, il fut combattue par l'Inquisition. Mais au début xviiie siècle avec la monté du libéralisme et de la vague du « nouvel ordre moral », il est condamnée séculairement, c’est-à-dire, les personnes homosexuel n’étaient pas condamnés, mais les actes étaient pointés comme «dépravations graves». On peut citer l’exemple des papes polonais et allemands qui ont lutté avec acharnement contre la volonté des États d'octroyer des droits nouveaux aux couples de même sexe, que ce soit par le biais du pacte civil ou par le biais du mariage. De même aussi, durant le mandat pontificale des Papes Jean Paul II et Benoît XVI, l'Église catholique lutta contre toute forme de reconnaissance des couples de même sexe comme «tolérance du mal», mais sans les condamnés. Cependant, depuis le xxie siècle, l’Église catholique se trouve de nouveau dans une tendance plus ouverte à l'homosexualité notamment sous l'influence du Pape François, et la conférence des évêques de France qui considèrent qu'on peut être homosexuel et bon catholique.
Le Pape François et l’homosexualité
Le Pape François a été
toujours favorable envers des personnes homosexuelles et
des personnes transgenres. La preuve en est que, lorsqu’il était encore
comme archevêque de Buenos Aires (Argentine), il recevait déjà des couples gays
et lesbiennes. Pire encore avant cela, il combattu le couple présidentiel
argentin Kirchner à la fin des années 2000 pour qu’il accorde le mariage
aux personnes de même sexe. En été 2013 après son élection, il fait la
déclaration suivante depuis JMJ de
Rio : «Si une personne est gay et
cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger?»
Aujourd’hui
Pape, il affirme son soutien à un dispositif qui n'est plus un mariage,
mais plutôt une union civile. Il récuse le mot « mariage », qui pour l'Église
est l'un des sept sacrements, réservé aux couples hétérosexuels. Tout
dernièrement au Festival International du Film de Rome diffusé le 21 octobre
2020, il avait prononcé
les propos ci-dessous dans un documentaire-portrait intitulé Francesco : «Les personnes homosexuelles ont droit à être dans une famille, ce sont
des enfants de Dieu, elles ont droit à une famille. On ne peut évincer personne
d'une famille, ni lui rendre la vie impossible à cause de cela. Ce que nous
devons faire, c'est une loi d'union civile, elles ont le droit d'être
légalement protégées. J'ai défendu cela.».
Les propos du pape François sur l'union
civile et les doctrines de l’Église Catholique
Doctrinalement, les paroles du pape François n’ont pas changé les
croyances fondamentales de l’Église Catholique. Ces propos restent jusqu’ici comme des
commentaires et ne l’engagent que lui-même et non toute l’Église Catholique en
tant qu’une institution chrétienne. Pour qu’il engage son
autorité, il doit le faire par écrit dans un cadre précis, c'est ce qu'on
appelle le Magistère. En plus, au sein du clergé pontifical, ces paroles ne
font pas l’unanimité de tous les administrateurs ecclésiastiques du Vatican, en
particulier des conservateurs et des églises catholiques en Asie et en Afrique.
Pour le moment, l'homosexualité est considérée
comme "intrinsèquement désordonnée" et condamnée par l’Église Catholique. Ce qui signifie que la sexualité
entre deux hommes ou deux femmes n'est pas acceptable. Mais toutefois, étant
donné que la doctrine biblique catholique est plus construite sur la tradition
que sur la Bible et la Bible seule, il y a une forte probabilité de révision du
catéchisme de l’Église dans le futur en faveur des couples gays.
L’inspiration
des propos du Pape François
La grande question qui divise actuellement la
communauté chrétienne et tout le monde entier à propos des déclarations du Pape
François, c’est celle de savoir d’où vient son
inspiration? De Dieu, des présuppositions
(Tradition et la Bible) du Catéchisme de l’Église Catholique ou de
lui-même ?
Ses prédécesseurs notamment Jean Paul II et Benoît XVI considéraient que la dignité de l'Homme passe par le refus des actes homosexuels selon la tradition et la Bible. Mais le pape François remis en cause ces allégations en se refusant de "juger" les homosexuels en quête de foi. Ainsi, Il insiste plutôt sur le côté universel de l'amour de Dieu en défendant que la morale sexuelle ne peut être l'axe principal de la doctrine catholique et doit être classée dans une hiérarchie de sujets, qui comprend des questions de la liberté et l’égalité, des valeurs démocratiques libérales et le capitalisme, du féminisme et le droit de l’homme, des mœurs et le modernisme, de la culture et l’évolution, de l’orientation sexuelle et le choix de l’identité biologique, du vœux de célibat et la chasteté. Il s’inspire plus du principe de la laïcité et du libéralisme occidentale pour construire ses propos.
Intervention
des théologiens catholiques
L’opinion des théologiens catholiques au sujet
de la légalisation du mariage gay diverse peu. D’après le jésuite américain John MacNeill,
l’homosexuel existe grâce à la volonté divine et doit donc participer à la
construction de la société en enseignant la valeur des relations
interpersonnelles en dehors de la procréation. Pour lui, deux homosexuels sont
parfaitement capables de vivre un amour réel dans une relation stable,
situation qui les rapproche de Dieu. En conclusion, il tient que la
constitution des communautés croyantes d’homosexuels qui cherchent à établir un
dialogue avec l’Église doit être reconnue comme l'œuvre de Dieu. Tout récemment
également, 190 théologiens catholiques germanophones en s’appuyant sur la
liberté de conscience ont reconnu la légitimité de l'attachement traditionnel
au mariage et au célibat consacré en proposant une vision positive de
l'homosexualité.
Évaluation selon la vue protestante et évangélique
Les déclarations du pape du 21 Octobre dernier en
faveur de l’union civile des homosexuels a attiré aussi beaucoup d’attentions
de chrétiens protestant et évangéliques. En effet selon eux, ces déclarations s’inscrivent
tout d’abord dans un cadre prophétique. La reconnaissance légitime de l’union
civile des gays par la papauté est l’accomplissement de la prophétie
apocalyptique dont Jésus avait prédit pour la fin des temps. C’est pourquoi,
pour la majorité, il est condamné. Aux USA par exemple, la position conservatrice est très hostile aux personnes homosexuelles et
est impliquée souvent dans des causes anti-gays et des déclarations homophobes. Car d’après eux, l’homosexualité
n’est pas un état de nature, mais un comportement à rejeter (Il n’y a pas
d’hommes qui naissent homosexuels ou qui le soient génétiquement). Cette
expression en faveur de l’homosexualité est une conséquence du rejet de Dieu. Dieu
a et aura le dernier mot, prononçant cette malédiction : « Malheur à
ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui mettent les ténèbres pour
la lumière, et la lumière pour les ténèbres » (Ésaïe 5v20).
Après avoir lu l’article, pensez-vous vraiment
que l’Église Catholique en tant que ‘‘institution’’ autorise-t-elle l’union
civile des homosexuels ?
Jacob Aguimesheo, student in systhematic theology
©Copyright 2020 All rights reserved by Journal of Theological Studies Online
Read also
Commentaires
Enregistrer un commentaire